• 10 mai 1933 : autodafé nazi

    " L’art de la propagande consiste à être capable d’éveiller l’imagination publique en faisant appel aux sentiments des gens, en trouvant des formules psychologiquement appropriés qui attireront l’attention des masses et toucheront les cœurs… »

    Mein Kampf – Hitler

     " Seule est bonne la propagande qui mène au succès… celle-ci ne doit pas être correcte, douce, prudente ou honorable…car ce qui importe, ce n’est pas qu’une propagande ait de la tenue, mais qu’elle donne les résultats escomptés. » 

    Goebbels

     "Où l'on brûle les livres, on finit aussi par brûler les hommes".
    Heinrich Heine

    A l'Ouest rien de nouveau

     A Berlin, en décembre 1930, le film  A l’ouest rien de Nouveau, de Lewis Milestone, d’après le roman pacifiste de l'auteur allemand E.M. Remarque, fut retiré de l’affiche après une semaine de manifestations et d’affrontements orchestrés par Goebbels.

    Les paramilitaires de la milice des S.A.* interrompirent la projection du film lors de sa première en lançant dans la salle de cinéma des boules puantes et en lâchant des souris blanches. Puis, durant, 5 jours, ils firent étalage de leur force en défilant sur la Nollendrofplatz. Enfin, le film fut définitivement interdit dans tout le pays par la Commission de censure au prétexte qu’il portait "un préjudice au prestige de l’Allemagne".

     * S.A. - Abréviation de Sturmabteilingen  "  Sections d’assauts " , une milice privée et paramilitaire du parti nazi apparue en 1921.   Le 13 mars 1933, l’État Nazi crée le  Ministère de L’Information Populaire et de la Propagande, le Reichsministerium für Volksaufklärung und Propaganda, confié à  Göbbels.

    10 mai 1933 : autodafé nazi

    La "nuit de la honte" - un phénomène d'occupation de rues loin d'être marginal  et digne de l’Inquisition -

    Le 10 mai 1933, dans le cadre d'une campagne "contre l'esprit anti-allemand", Goebbels organisait à Berlin, et dans une vingtaine d'autres villes universitaires d'Allemagne, des autodafés de livres "d'esprit non allemands" selon les termes de Hitler.

    Après une préparation de plusieurs semaines, à la nuit tombée, des étudiants et des S.A, avec la complicité d’enseignants et de recteurs d'universités, aspergèrent d’essence et brûlèrent des milliers d’ouvrages d'auteurs – surtout juifs ou communistes  figurant sur une " liste noire" (Feuersprüche). Si, au départ, seuls 15 auteurs étaient considérés comme les ennemis principaux, leur nombre augmenta rapidement.. En 1935 le nombre des titres s’élevait à 12.400.

    Du 9 au 10 novembre 1938, un peu plus de cinq ans plus tard, ce sera au tour des synagogues d'être incendiées  au cours de la  Nuit de Cristal.
      


    Autour de ces bûchers, où des centaines de milliers de livres doivent être brûlés,  une foule hystérique vocifèrent en chœur la liste de ses obsessions : celle du matérialisme, du juif, du bolchévique, du pacifiste, du démocrate traître, de l’historien falsificateur, du journaliste élitiste et cosmopolite, de l’artiste dégénéré…

    Voici les textes de ces imprécations, avec les noms les plus connus en France qui les accompagnaient  :

    Contre la lutte des classes et le matérialisme, pour la communauté du peuple et un mode de vie idéaliste (Marx, Kautsky).

    Contre la décadence et la déchéance morale, pour l’éducation et les bonnes moeurs en famille et dans l’État (Heinrich Mann, Ernst Gläser, Erich Kästner).

    Contre la bassesse des opinions et la trahison politique, pour le dévouement envers le peuple et l’État.

    Contre la surévaluation des instincts, destructrice de l’âme, pour la noblesse de l’âme humaine (Sigmund Freud).

    Contre la falsification de notre histoire et l’abaissement de ses grands hommes, pour le respect de notre passé (Emil Ludwig).

    Contre le journalisme élitiste  marqué par la judéo-démocratie, pour une coopération responsable à l’oeuvre de construction nationale.

    Contre la trahison du soldat de la guerre mondiale par la littérature, pour l’éducation du peuple dans l’esprit de la lutte (Erich Maria Remarque).

    Contre la défiguration présomptueuse de la langue allemande, pour la protection du bien le plus précieux de notre peuple.

    Contre l’insolence et l’arrogance, pour l’attention et le respect devant l’immortel esprit du peuple allemand (Kurt Tucholsky, Carl von Ossietzky).



    10 mai 1933 : autodafé nazi  Livres censurés, livres de l’Enfer   Par Jean Stouff   

    10 mai 1933 : autodafé nazi Il y a 80 ans, les nazis brûlaient les livres des grands intellectuels allemands -  France TV info

     

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