• L'arrivée des Bohémiens - 12 août 1427

     C'est dans la première moitié du XVe siècle qu'on note l'arrivée en France des premiers groupes de Tsiganes – appelés alors Égyptiens.  Le 12 août 1427, une centaine d'entre eux qui se présente aux portes de Paris se voit refuser l'accès à la ville par l'autorité judiciaire qui les oblige à résider à la Chapelle-Saint-Denis.

     

    Un bourgeois de Paris relate l'arrivée des Bohémiens à Paris. Son journal porte témoignage de la fin de la guerre de Cent ans et des troubles que connaît cette époque. Du texte original de cet auteur inconnu il ne reste rien. Seules six copies du journal ont été conservées : la plus ancienne qui se trouve au Vatican date de la seconde moitié du 15ème siècle, une deuxième de la même époque est conservée à Oxford et les quatre autres sont des copies de celle de Rome.

    Cette chronique exceptionnelle, qui s'échelonne des années 1405 à 1449, fourmille de menus détails de la vie quotidienne et relate aussi bien les épidémies que les visites princières, les fêtes populaires que les inondations, le pillage des villes que les grandes processions, les préoccupations liées à l'approvisionnement en nourriture et à la sécurité que la relation d'évènements marquants comme l'arrestation de Jeanne d'Arc, sa condamnation et son exécution.

    L'arrivée des Bohémiens -  12 août 1427

    Les Bohémiens

    Accusés de vol et convaincus de sorcellerie, parce que leurs femmes lisent dans les lignes de la main, les Tziganes sont chassés sur l'intervention de l'évêque de Paris qui les excommunie  tout comme celles et ceux qui se sont fait dire la bonne aventure...

    L'arrivée des Bohémiens -  12 août 1427Item, les hommes estoient très-noirs, les cheveux crespez, les plus laides femmes que on pust voir, et les plus noires ; touttes avoient le visage de plaie, les cheveulx noirs comme la queüe d'ung cheval, pour touttes robbes une vielle flaussoie très-grosse d'un lien de drap ou de corde liée sur l'espaulle, et dessous ung povre roquet ou chemise pour tous paremens. Brief c'estoient plus pouvres créatures que on vit oncques venir en France de aage d'homme, et neamoins leur pouvreté en la compaignie avoit sorciercs qui regardoient ès mains des gens, et disoient ce que advenu leur estoit ou à advenir, et mirent contans (dispute) en plusieurs mariaiges ; car elles disoient : Ta femme, ta femme, ta femme t'a fait coux ; ou à la femme : ton mari t'a fait coulpe ; et qui pis estoit, en parlant aux creatures par art magique ou autrement, ou par l'ennemy d'enfer, ou par entreget d'abilités faisoient vuide les bourses aux gens, et le mettoient en leur bourse, comme on disoit ; et vrayement j'y fus trois ou quatre fois pour parler à eulx : mais oncques ne m'apperçut d'ung denier de perte, ne ne les vy regarder en main ; mais ainsi le disoit le peuple par-tout, tant que la nouvelle en vint à l'evesque de Paris, lequel y alla et mena avecques lui ung Frere meneur (mineur), nommé le Petit Jacobin, lequel par le commandement de l'Evesque fist là une belle predication en excommuniant tous, ceulx et celles qui se faisoient, et avoient cru et monstré leurs mains, et convinssent qu'ils s'en allassent, et ce partirent le jour Nostre-Dame en septembre, et s'en allerent vers Pontoise. (Wikisource)

    Gallica : Journal d'un Bourgeois de Paris, 1405-1449 / publié d'après les manuscrits de Rome et de Paris par Alexandre Tuetey - Éditeur : H. Champion (Paris ) Date d'édition : 1881.  (pp. 219-221)
     

    L'arrivée des Bohémiens -  12 août 1427

    L'arrivée des Bohémiens -  12 août 1427  Le journal d'un Bourgeois de Paris à la fin de la guerre de Cent ans. Union Générale d'Editions. 1963.

    L'arrivée des Bohémiens -  12 août 1427  Le journal d'un Bourgeois Analyse philologique et historique. Minna Tammivuori - mémoire de maîtrise
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