• L'attentat horrible

    Le 19 novembre 1832, alors que le roi Louis-Philippe se rend au Palais-Bourbon pour l’ouverture de la session parlementaire, un coup de feu est tiré dans sa direction. Il n’est pas touché, il n’y a aucune victime et l’auteur parvient à s’enfuir.  Peu de temps après, Bergeron, étudiant républicain et chef de section de la Société des Droits de l'Homme, est arrêté en raison d'un profil de coupable idéal. Il niera bien sûr les faits qui lui sont à tort reprochés et sera finalement acquitté le 18 mars 1833.

    Pour compenser l’absence d’assassin lors de l' « attentat horrible »  il y eut  abondance d’armes. Et c’est le  procureur général de  la cour  M. Persil, toujours très remonté contre les républicains, qui  fut chargé de faire la lumière sur cette sombre affaire et de mettre rapidement la main au collet du tyrannicide en herbe.

    Dans un article intitulé « Le voyage du pistolet », Le Charivari revient sur l'artillerie lourde utilisée pour la recherche désespérée de l'assassin évanoui :

    « M. Persil   a donc penser faire voyager l’un des quatre cents pistolets, celui de tous qui offre le plus de chances. Cette arme sérénissime est expédiée successivement aux trente-neuf milles maires, qui devront la faire circuler dans  leurs communes respectives, et la présenter aux armuriers de l’endroit, pour être, par ces derniers, reconnue, s’il y a lieu, comme sortant de leur fabrique.
    C’est par Saint-Denis, Gonesse, etc., que le pistolet a commencé son tour de France. Il est accompagné d’un cornac, d’un substitut, je pense, chargé de recueillir les renseignements. Je dis chargé, car tout le monde a été chargé dans cette affaire de l’attentat horrible ; il n’y a guère que le pistolet qui ne l’a pas été. »

    L'attentat horrible

    Le 29 novembre 1832, pour enfoncer le clou et ridiculiser le pouvoir, le journal La Caricature publie un dessin où Louis-Philippe tient un minuscule pistolet et s’adresse au public à la manière d'un prestidigitateur :« Attention, messieurs et dames, à ce joli tour ! rien dans les mains, rien dans  les poches, rien dans le Pistolet ! eh bien, Messieurs, je vais me brûler la cervelle, au  commandement d’une dame de la société, sans me faire le moindre mal et il en sortira… explosion, détonation, conjuration, conspiration, arrestation, émotion, réception, acclamation, députation et… stupéfaction !!! »
     
      Les discours politiques de la presse satirique.  Étude des réactions à l’ "attentat horrible " du 19 novembre 1832, par Fabrice Erre,  Revue d'histoire du XIXe  siècle- Numéro 29 (2004)
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