• La yole de gala

    Le 9 août 1858, Napoléon III et l'impératrice Eugénie firent escale Brest, port-étape d’un voyage de propagande dans les départements de l’ouest de la France. Le canot d'honneur qui servit pour le transport de leurs grâces du vaisseau amiral le Bretagne à l’arsenal de la ville était, à quelques détails près, le même que Napoléon Ier avait pris lors de sa visite de l’escadre de l'Escaut à Anvers le 30 avril 1810. 

    O Dieu, protégez-moi !
    Ma barque est si petite est Votre mer si grande !

    Des ornementations apportées par le second empire on retiendra notamment l' écusson en bas-relief, aux armes impériales, entouré d'un ruban auquel est suspendue la croix de la légion d'honneur et entouré de deux branches de laurier et de chêne;  la couronne qui le surmonte soutenue par deux statues assises sur le plat-bord de la barque : du côté gauche  Pallas armée de sa lance, du côté droit un  génie muni d'une trompette. 

    Visite de Napoléon III à Brest, le 11 août 1858

    "Visite de Napoléon III à Brest, le 11 août 1858"
    par Auguste Meyer
     

    " Rien de plus majestueux que le spectacle offert en ce moment de tous côtés : en rade, avec l'escadre impériale, la frégate l'Ardente, le vaisseau-école le Borda, la Thétis, frégate-école des mousses, la Somme, le Coligny, corvettes à vapeur, une autre corvette portant le pavillon russe ; de nombreux bâtiments de transport et des navires de commerce sillonnent les flots et élèvent dans les aires leurs mâts pavoisés. En face, la ville de Brest présente ses murailles, son vieux château, ses monuments disposés en amphithéâtre ; sur les coteaux, sur les falaises, sur les rochers, partout où le regard peut se poser, des milliers de spectateurs sont groupés, et à mesure que le canot impérial s'avance vers le port, ces fourmilières de populations se remuent, s'agitent, se lèvent, et saluant de leurs chapeaux, de leurs mouchoirs, de leurs bras tendus et de leurs cris d'enthousiasme, semblent frémir d'impatience.

    C'est au milieu de ces démonstrations impossibles à décrire que les Augustes Souverains de la France posent enfin le pied sur le sol breton.

    C'est dans l'arsenal, dans ce port militaire, orgueil d la France et envie du monde entier, que débarquent leurs Majestés Impériales..." par J. M. Poulain-Corbion

    La petite histoire raconte également que le capitaine de vaisseau qui tenait la barre fut pris de tels "embarras" que, pour noyer sa honte et cesser d’embaumer ses hôtes, il se jeta courageusement à l’eau. Repêché, sain et sauf, propre et quasi inodore, il aurait eu alors cette parole de désespoir historique: " Sire, j'ai empoisonné le plus beau jour de ma vie ! "  Touché, Napoléon III, bon prince l’aurait nommé quelque temps plus tard contre-amiral.

    Le canot fit encore un rond dans l’eau le 11 août, une excursion dans la rade, puis fut remisé sur l’île Factice dans la Penfeld.

    Le 9 mai 1943, pour échapper aux bombardements des Alliés, il quittait Brest sous protection allemande à destination de Paris. Le Palais de Chaillot qui devait l’accueillir ayant des portes trop étroites, il fallut attendre août 1945 pour se décider à ouvrir une brèche dans un des murs. 

    Depuis, la yole de gala trône au Musée nationale de la Marine, à deux pas de la Seine.

    La yole de gala

    La yole de galaLa yole de galaGustave LE GRAY (1820-1884) Entrée du port de Brest, 9-12 août 1858  - Épreuve d'époque sur papier albuminé d'après négatif verre au collodion - PDF

     La yole de galaLe Monde illustré - 1857  ( BooksGoogle)

     La yole de galaRécit du voyage de leurs majestés l'empereur et l'impératrice en Normandie et en Bretagne (août 1858) /  par J. M. Poulain-Corbion

    La yole de galaMusée national de la Marine

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