• Watergaffe et Watergate

    Le 3 décembre 1973, sous le gouvernement Pompidou, le même scénario pitoyable que sa version américaine du Watergate se produisait en France...

    Dans l'immeuble du Canard enchaîné, un Watergaffe à la française mettait en scène des plombiers-espions de la D.S.T. (  Direction de la Surveillance du territoire) venus poser des micros pour connaître le nom des informateurs du journal.

    Watergaffe : la " French touch"

    " Ma plus belle joie a été l’affaire des micros au Canard. On les découvre par hasard en passant devant. Huit jours après, on sort les noms. Ce fut un coup de pot extraordinaire. Je connaissais une relation d’un membre de la DST, qui m’a informé une nuit, à trois heures du matin. J’ai pu vérifier. Cela a été un événement formidable de pouvoir dire que c’était la DST qui, pour découvrir nos informateurs, avait placé des micros. Vingt ans après, j’ai rencontré les « plombiers » qui avaient placé les micros. Ce qui me plaît dans l’investigation, c’est la chasse. On ne chasse pas pour tuer, mais on chasse pour savoir. Savoir : voilà ce qui est plaisant. Nous sommes des chasseurs d’information. "

    Claude Angeli, rédacteur en chef du Canard Enchaîné.

    Deux mois et demi après les faits, Raymond Marcellin, jusque-là ministre de l'Intérieur et ayant la tutelle de l'entreprise artisanale de  plomberie, était contraint par le premier ministre Pierre Mesmer d'échanger son portefeuille avec celui de Jacques Chirac, alors ministre de l'Agriculture et du Développement rural.
    Aucun responsable politique ou administratif ne sera jamais poursuivi, aucune enquête parlementaire ne sera menée à son terme...Le 7 février 1980 , un second  et dernier arrêt de la Cour de cassation refermait définitivement le  dossier des micros.
    Il nous reste la mémoire des faits et des grotesques conclusions.

    " Les micros du Canard "

    Claude Angeli et Stéphanie Mesnie

    les-micros-du-canard.pngRésumé :  Leur acharnement s’explique par une forme de délire paranoïaque contre un hebdomadaire qu’ils accusent d’être “une entreprise de subversion”, de pratiquer un “terrorisme journalistique” et d’abriter des “agents soviétiques”.

    Les auteurs révèlent les aspects les plus surprenants du rude combat mené par Le Canard, durant sept ans, pour confondre les commanditaires de cette opération. Ils décrivent aussi comment quatre futurs présidents – Mitterrand, Giscard, Chirac et Sarkozy – ont été placés sur écoute par leurs adversaires. Une fois entrés à l’Élysée, ils ont à leur tour écouté tous ceux qui, politiques ou journalistes, se permettaient de les critiquer.   Pascal Clark. France Inter

    Le Watergate

    « La tête d'un homme à qui on n'achèterait pas une voiture d'occasion. »

    À propos de Nixon, surnommé "Tricky Dicky" - Dick le tricheur.

    nixon_goldwater.jpgEn 1972, aux États-Unis, sous la présidence républicaine de Nixon et en pleine élection présidentielle, la presse fit état d'une  tentative de cambriolage de troisième ordre  dans l'immeuble Watergate abritant le quartier général du Parti démocrate.

    La main dans le sac

    Deux journalistes du Washington Post, journal influent aux États-Unis, menèrent l' enquête et démontèrent une grotesqueRichardNixonFarewell.jpg tentative d'espionnage : les  cambrioleurs que la police avait surpris avaient eu l'intention de placer des micros dans les locaux des Démocrates.

    Le 22 juin, cinq  jours après le cambriolage, Nixon  tentait d'étouffer le scandale et protestait publiquement de sa bonne foi : « La Maison Blanche n’a aucune part dans cet incident précis ».  Mais le Washington Post, révélait que des sommes colossales pour soutenir des actions à la légalité douteuse et assurer  le financement parfois illégal de la campagne électorale des républicains, avaient  été blanchies par le CREEP - le comité pour la réélection du président .

    "Nixon Now !" - Clip de campagne - 1972.

    Plus dure sera la chute

    nixon.jpgLa réélection de "Dicky Tricky" fut un triomphe... Un triomphe de courte durée puisque, le 8 janvier 1973, s'ouvrait le procès des cinq "plombiers de la Maison Blanche " - et parmi eux  James W. McCord, le directeur de la sécurité du CREEP.
    Les activités illicites du CREEP étant démontrées,  le Congrès s’en mêla. Le chef de la majorité démocrate confia au sénateur Sam Erwin la présidence d’une commission spéciale d’enquête sur la campagne présidentielle. 
    L'affaire du Watergate  mettait alors en lumière des pratiques gouvernementales qui, en utilisant l’abus de pouvoir, sapaient les fondements de la démocratie ou du moins son apparence formelle.

    Pour tenter d'étouffer le scandale, Nixon décida de se séparer de trois proches collaborateurs-fusibles : Dean, Ehrlichman et Haldeman qui démissionnèrent. Mais, de révélations en révélations, le président des États-Unis perdait bataille après bataille .

    La  démission  "Resignation"

    Son implication directe et sa responsabilité personnelle ne faisant plus aucun doute  on apprit ainsi qu'il avait tenté d'éliminer certaines bandes magnétiques contenant des conversations l’incriminant -, Nixon fut contraint de démissionner en août 1974. Il évitait ainsi que la procédure de destitution de l' Impeachment, un outil constitutionnel de contrôle aux effets dévastateurs, n'aille à son terme.

    nixon-resigns.jpg

    Dans le discours de démission, il est fait état du pragmatisme en politique où ce sont les circonstances qui  guident l'action, non les principes :

    […] Dans toutes les décisions que j'ai prises dans ma vie politique, j'ai toujours essayé de faire ce qui était le mieux pour le pays. A travers la longue et difficile période du Watergate, j'ai estimé qu'il était de mon devoir de persévérer, de faire tous les efforts possibles pour mener à terme le mandat pour lequel vous m'avez élu. Dans les derniers jours pourtant, il m'a paru évident que je n'avais plus de soutien politique assez fort pour justifier de cet effort.

    > Le discours de démission de Richard Nixon.

    *

    10 avril 2014 : "Les écoutes d'un journaliste du « Monde » annulées par la cour d'appel de Paris"

    La cour d'appel de Paris annule une grande partie de la procédure qui avait conduit à requérir les fadettes de deux journalistes du Monde, et à placer sur écoutes Gérard Davet… Plus de 600 procès-verbaux ont été supprimés soit  la moitié du dossier d'instruction -

    *

     >  Réseau Européen Droit & Société - "L’affaire du Watergate"  ou "La procédure de mise en jeu de la responsabilité du président des États-Unis" par  Serge DIEBOLT - Juin 1993 – REDS  -Réseau Européen Droit & Société -

     > Chronologie du Watergate, sur watergate.info, site  de l' Australien  Malcolm Farnsworth.

     >  9 août 1974 - Démission du président des États-Unis, Richard M. Nixon - Perspective Monde - revue de presse

     > 1973 : des plombiers au Canard enchaîné - la Plume et le rouleau

     

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